TDOR 2018

TDOR 2018

Lundi soir à la Roche Sur Yon et mardi soir à Nantes, nous avons organisé des rassemblements pour commémorer les victimes de meurtres transphobes qui ont eu lieu dans l’année. C’était pour nous aussi l’occasion de rappeler la transphobie d’état, et plus particulièrement localement en Vendée et à Nantes.


Discours  :

Le TDOR, Transgender Day Of Remembrance, c’est-à-dire la journée du souvenir trans, a été initiée à la suite de l’assassinat de Rita Hester, femme trans, le 20 novembre 1998 à Boston. Depuis lors, il est commémoré chaque 20 novembre la mémoire des personnes tuées à cause de la transphobie, durant l’année, à travers le monde.

Cette année dans le monde 368 personnes assassinées recensées. Vu le triste nombre qui malheureusement est en constante augmentation d’année en année, et le plus souvent dans des conditions odieuses (décapitées, torturées, démembrées, par arme à feux et j’en passe), au vu du nombre, il nous est impossible de citer les noms de toutes ces personnes.

Le Brésil détient le triste record d’assassinat avec 167 meurtres. Au vu de l’actualité, avec l’élection de Jair Bolsonaro nous sommes en mesures d’êtres inquièt-e-s dans les mois et années à venir.

La France devra être en mesure d’accueillir ces personnes Trans en danger de mort dans leur pays.

A l’heure où notre gouvernement est plus prompt à renvoyer dans leur pays les personnes Trans migrantes dans leur pays les condamnant à une mort certaine.

Nous voulons un véritable droit d’asile, pour les personnes trans, intersexes et plus globalement lgbti.

Ensuite vient le Mexique avec 72 meurtres recensés.

Le troisième pays est les Etats–Unis avec 28 meurtres recensés. Pays de Donald Trump, qui n’a pas caché son aversion envers la communauté trans et aussi intersexes.

Cette année nous avons surtout une pensée particulière pour Vanessa Campos, assassinée aux Bois de Boulogne le 16 août 2018. Nous voulons profiter de l’occasion pour réclamer justice pour Vanessa et ne pas oublier que le meurtre transphobe touche également la France.

Ce meurtre, également putophobe, est aussi lié à cette loi dangereuse et mortelle qu’est la loi de pénalisation des clients qui obligent les travailleu.rs.ses du sexe à se cacher et s’isoler, les exposants à la contamination du VIH, aux agressions, voir aux meurtres.

Nous demandons, l’abandon immédiat des lois pénalisant directement ou indirectement le travail du sexe qui mettent en danger les travailleu.rs.ses du sexe.

Comme si l’indifférence politique ne suffisait pas, les médias, et notamment Paris Match, traite l’histoire de Vanessa Campos comme un fait à sensation déshumanisé, en publiant les photos de son cadavre, en la nommant au masculin, en utilisant des termes de la psychiatrie tel que transexuel.le. Ces articles perpétuent ces oppressions qui légitiment les agressions et les meurtres. Les médias et leur traitement des causes trans ont un rôle prédominant dans les actes Transphobes que les personnes Trans subissent quotidiennement.

Revenons plus localement à Nantes.

A Nantes, la parole Trans est majoritairement méprisée. Des élu-es qui sont actuellement incapable de soutenir la lutte contre la transphobie. L’inaction face aux postures transphobes de sa police municipale.

Inaction, Lorsque une association « 44vilaine fille », pseudo féministe est référencée sur le site de la ville de Nantes comme exclusivement réservée « aux femmes nés de sexe féminin », affichant ouvertement sa transphobie.

Il n’est pas acceptable que sur le même site, la mission d’une élue ait pour intitulé « lutte contre l’homophobie et suivie des associations lesbiennes gays, bisexuel et transexuelle ».

Oui en plus de l’absence de la lutte contre la transphobie, l’utilisation du terme transsexuelle est violent car celui-ci renvoie à ce terme créer par la psychiatrie.

Il est grand temps que les élu.e.s de la métropole se mobilisent activement et remettent en question leurs positions.

Si nous vivons la transphobie d’état, ne vivons pas dans une ville comme Nantes qui s’en fait la complice.

Nous demandons que nos institutions écoutent et prennent enfin en compte les revendications des associations d’auto support. Il en va de notre survie et de notre intégration dans cette société qui nous stigmatise, nous psychiatrise et souvent nous rejette.

[variante Vendée :

Revenons plus près de nous : la Vendée.

La Vendée qui est un territoire oppressant pour les personnes Trans. A plusieurs reprises il nous est demandé de fuir vers les grandes villes car notre présence dérange les milieux réactionnaires et conservateurs si cher et décisionnaire dans ce territoire.

Que pensez alors, quand un programmateur de La Roche Sur Yon s’estime plus légitime qu’une association d’auto support TRANS à définir les oppressions subies par les personnes TRANS ? Quand un directeur de cinéma privilégie la parole d’une praticienne à celle de concerné.e.s pour débattre sur nos vies et sur nos corps.

Il est important de ne pas parler à la place de celleux qui subissent les oppressions que vous ne vivez pas.]

Nous disons STOP, STOP à ces pratiques ! Il est impératif de laisser la parole aux associations de personnes trans légitimes et concernées pour parler des oppressions qu’elles subissent.

Pour rappel, 325 meurtres transphobes l’année dernière, 2982 depuis 10ans.

Listing du nombre de meurtres transphobes par pays.

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